Dans l’élan des foulées courageuses

deux barques sur une étendue d'eau calmeCrédit photo : Simples, par John mcsporran, sous C.C. BY 2.0

Dire qu’on peut découvrir encore à trente ans, et des choses intéressantes, qu’on peut redécouvrir aussi, avec un œil complètement différent, et que c’est parfois tout aussi intéressant.
Ce sera le dernier avant la fin de cette année. Riche et creuse à la fois. N’ai du moins pas abandonné. Surtout ces derniers mois, me suis donné. Au gymnase, à la bibliothèque scolaire. Ne sais pas si ça porte ses fruits, mais en quelque sorte m’en fous : se donner du mieux qu’on peut suffit. Et l’on peut visiblement se donner ainsi sans véritable raison. Ces deux semaines libres avant la nouvelle année m’auront fait beaucoup de bien, m’auront donné l’occasion de me faire du bien, devant l’écran, dehors, à table aussi.

Il n’est pas question d’écrire longuement cette fois ; me sentais bien, et voulais l’exprimer. Voulais tirer quelque chose de ce bonheur sans m’atteler à la création, laisser venir, laisser couler. Ainsi quelques mots sans importance, à moins qu’ils n’en tirent du simple fait qu’ils dénotent dans le flot des mois sombres d’avant… Ce que peut oublier le lecteur, c’est que ma vie a débuté bien avant mon écriture, et qu’elle a été globalement très remplie. Il y a eu de mauvais moments, et de bons moments, même si ceux-là ne semblent jamais assez nombreux. Ils sont éphémères pour sûr ; on les oublie à l’entrée du désert. On s’assèche, et il faut alors avoir la force d’aller en chercher de nouveaux, même si on ne sait plus vraiment à quoi ils ressemblent ou ce qu’ils sont. On peut avoir l’impression d’ailleurs qu’on ne le saura plus jamais ; la mienne ce soir est opposée.

« Ça manquait de joie », mais c’était honnête, et ça en manquera de nouveau tôt ou tard et j’espère que je saurai de nouveau l’écrire, mais donc c’était honnête, je continue d’essayer de l’être malgré les mécanismes qui nous précédent, et c’est cette sincérité qui, voilée d’un doute légitime, traverse ces mots du soir. Une forme de bonheur nuance ma temporalité présente, une simplicité l’accompagne. Je fais le plus possible ce qui me plaît, et évite du mieux que je peux ce qui me lasse ou m’abêtit. Le journal permanent dira ce qui a continué de stimuler mon cœur, et j’espère qu’il permettra à d’autres aussi, s’ils le souhaitent, de faire le tri. Je suis peut-être souvent perdu, mais je sais désormais me situer en regard de notre société et me laisse du coup le moins possible diminuer par elle. L’un de ses aspects positifs paradoxaux tient dans ce qu’elle oblige ceux qui la savent pour ce qu’elle est à s’en extirper et à faire preuve de créativité. La normalité pue la mort. Non pas la normalité en soi, mais celle d’aujourd’hui. Elle est mécanique, hostile à la vie. Et sachant cela, j’essaye de vivre.

30 décembre 2016

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